
Le lendemain, Lara fila aux aurores. Elle avait besoin de prendre l'air, de s'oxygéner le cerveau. Elle aimait vraiment ses amies mais elle ne savait pas le leur dire. Elle n'était même pas capable de les consoler. A présent elle se sentait coupable de se servir de Gabrielle pour se débarrasser de Jordan et d'avoir été si dure avec Cynthia. Bien sur c'était pour son bien mais elle aurait tout aussi bien pu la prendre dans ses bras et la serrer fort. Cette nuit elle avait très mal dormi. Ne trouvant pas le sommeil, elle s'était glissée dans la chambre de Gabrielle pour découvrir ses deux amies chaleureusement enlacées l'une contre l'autre. Parfois elle était jalouse de leur capacité à aimer et à le montrer. A être entières. Elle en était incapable. Elle préférait le cynisme, la froideur et la violence au reste. C'était ses meilleurs défenses. Elle avait trop souffert pas le passé. Autrefois elle était faible c'est pourquoi elle s'était promit de ne plus jamais l'être. Avec personne. Si elle brisait sa carapace ne serait-ce qu'une fois, elle savait quelle serait incapable de la reconstituer. Alors elle se plaisait à se réfugier derrière une armure de glace, à feindre d'être indifférente à tout. A se montrer forte. Et elle avait finit par devenir forte. Elle effrayait tout le monde et elle s'effrayait elle-même. Il y avait beaucoup trop de violence en elle. Pour s'exorciser elle avait porté son chevalet jusqu'à une plage qu'elle affectionnait tout particulièrement.

Elle l'installa puis se mit à peindre. A Peindre le néant. Le vide. Le bleu. Des formes. Le rendu n'avait pas la moindre importance. Elle voulait tout oublier et ne devenir qu'un instrument. Peindre était son meilleur remède. Lorsqu'elle peignait elle était entière, enfin.










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