
-Ah.
-Ah?
-C'était prévisible... Il nous reste toujours nos tentes...
-Non j'ai du les vendre.
-Sac de couchage?
-Ou Gaby... Proposa la jeune femme blonde.
-Elle va nous tuer.
-Elle comprendra.
-Elle va râler.
-Elle sera très heureuse. Puis c'est temporaire, je te jure que je vais trouver le moyen de rembourser toutes nos dettes! Oui ça ne va pas durer. C'est temporaire. Et toi tu vendras tes toiles.

-Cyn...
-Non. Il n'y a pas de Cynthia qui tienne. On va y arriver d'accord.
-Les gens me détestent...
-On s'en fiche, ce sont tes toiles qu'ils doivent aimer.
-Toi même tu les détestes...
-Hemm peins un jour, je sais pas moi, un joli paysage ou je sais quelque chose de gentil ou n'importe quoi tant que ça n'insulte personne.

Les deux jeunes femmes éclatèrent de
rire, préférant l'humour aux larmes.
Leurs existences ne recelaient pourtant absolument rien de
comique. Elles étaient toutes les deux de véritables caricatures,
des femmes au passé pas toujours évident et à l'avenir des plus
incertains. Des personnes rejetées
par les autres à cause de leurs différences. Trop bizarres. Trop
désagréables. Trop... Toujours trop quelque chose. On ne les
aimait
pas. Elles n'aimaient pas leur société. Mais elles
s'aimaient ELLES.





















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