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57  posté le vendredi 23 octobre 2009 23:03

 

Cynthia eut beau geindre, supplier et menacer elle fut jetée sans plus d'égard dans une cellule. La jeune femme était furieuse, elle hurlait et aurait arraché les barreaux à mains nues si seulement elle en était capable.

-Hey l'hystérique tu ne voudrais pas baisser d'un volume tu me casses les tympans! Grogna une femme qui avait tout l'air d'être une prostituée.

Super. Vraiment génial. Marmonna la jolie blonde dans sa barbe. Sa journée n'aurait pas pu être pire que ça. Elle cessa finalement de crier, consciente que cela ne servirait strictement à rien si ce n'est à se briser les cordes vocales. Elle se laissa tomber sur l'unique banc de la cellule, veillant à s'éloigner de la prostituée et commença à réfléchir. Le policier qui les surveillait était un homme, elle avait peut-être une chance. Elle esquissa un sourire satisfait et commença sans tarder à feindre de se sentir mal. Sa compagne de cellule lui lança quelques remarques sarcastiques.

-Ouvrez moi! Supplia Cynthia. Je ne me sens pas bien. Et pour illustrer ses propos elle se mit à tousser.

 

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58  posté le vendredi 23 octobre 2009 23:11

 

Alerté le policier se rapprocha légèrement.

-J'étais juste énervée, je n'ai rien fais d'assez terrible pour mériter d'être traitée de la sorte! Vous me paraissez d'être un gentil monsieur! Vous n'allez pas me laisser dépérir dans ce cachot tout de même? Pleurnicha-t-elle.

-Lorsque quelqu'un aura payé votre caution, vous serez libre! Récita-t-il tel un automate.

-Je la payerai volontiers votre caution si seulement j'en avais les moyens. Mes parents sont morts, une amie m'héberge tant bien que mal mais on a pas beaucoup d'argent. Je voulais la remercier en faisant les courses et j'ai alors appris que mon banquier, malgré qu'il m'ait promis d'attendre, avait bloqué mon compte. Comprenez moi j'ai paniqué, je suis vraiment désolée. Laissez moi sortir! Elle se rapprocha des barreaux, chuchotant presque. Elle plongea ensuite ses beaux yeux bleus dans ceux du policier, le fixant avec une rare intensité. L'homme se sentant mal à l'aise recula, la jeune femme avait le visage d'un ange. Une beauté douce et fragile dont on voulait prendre soin. Il s'obligea malgré tout à se ressaisir:

-Je n'ai pas le droit de vous libérer mademoiselle!

 

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59  posté le vendredi 23 octobre 2009 23:13

Elle fit semblant de pleurer. De véritables larmes perlèrent le long de ses joues de porcelaine.

-Je vous en prie. Vous n'imaginez pas les ennuis que je vais avoir, je... Je ne veux pas que mes amies se saignent pour moi. La personne qui m'héberge a déjà beaucoup de problèmes personnels! Vous pourrez dire que je me suis échappée ou je ne sais pas moi, soyez gentil! Je suis certaine que vous êtes quelqu'un de bien n'est-ce pas?

-Votre comédie a assez durée! Vous savez comment cela s'appelle ce que vous êtes en train de faire?

-Dire la vérité est interdit?

-Vous tentez de me manipuler en usant de vos charmes!

-En usant de mes charmes? S'énerva Cynthia. Non mais vous croyez vraiment que je coucherai avec vous pour sortir de cette cage non merci je préfère encore m'y installer définitivement!

-Bien dans ce cas je vous y laisse! Sourit-il. Je vous y souhaite une agréable nuit.

-Une agréable nuit? S'étrangla-t-elle. Non mais non vous n'allez pas me faire ça hein?

-A moins que vous vous décidiez à me donner un numéro...

-Non. Capitula-t-elle, regagnant son banc, dépitée.

 

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60  posté le vendredi 23 octobre 2009 23:14

 

-C'était très divertissant ce petit numéro, vraiment! Se moqua la prostituée.

Cynthia, agacée, la détailla pour la première fois. Une blonde d'une trentaine d'années au visage maculée de maquillage et puant le tabac. Elle grimaça mais ne répondit rien.

-Une délicate petite princesse comme toi devrait avoir un beau chevalier servant pour venir la libérer non? Continua-t-elle d'attaquer.

La jolie blonde qui avait perdu tout sa répartie habituelle se mura dans un profond silence. Au début elle avait essayé d'être forte, se persuadant qu'elle réussirait à manipuler le policier. Mais c'était peine perdue. Elle passerait la nuit ici. Et elle aurait sans doute d'autres ennuis encore. Elle s'insulta de longues minutes encore, se demandant comment elle avait pu se montrer aussi stupide. Pour quelques courses. Agresser des vigiles, elle aurait mieux fait de carrément braquer une banque pendant qu'elle y était plutôt que de tenter de voler de la nourriture.

C'était à cause de ce fichu banquier. Ce coup de téléphone l'avait vraiment prise au dépourvu. Maintenant en plus de se retrouver surement fichée à la banque, son casier qu'elle avait veillé à garder vierge allait être souillé par ses exploits. Vol à l'étalage. Agression. Sans oublier insulte aux représentants de l'ordre. Oui car bien évidement lorsqu'elle était arrivée au poste elle avait trouvé judicieux de les traiter de tous les noms. Si Cynthia était habituée à se trouver dans des situations fichtrement compliquées, celle-ci dépassait de loin toutes ses bêtises habituelles. D'autant plus que le stress, la fatigue cumulée au fait qu'elle n'ait pas prit ses médicaments ce matin commençait à lui peser sérieusement. Elle peinait à se respirer et son souffle devenait rauque. Elle toussota plusieurs fois mais tant sa compagne de cellule que le policier crurent qu'elle feignait une fois de plus. Elle ne dit rien pour les en dissuader. Quelle importance après tout? Secouée par quelques frissons elle ramena ses bras autour de son corps. Elle avait froid, elle aurait du s'habiller plus chaudement. Un douloureux mal de tête se cumula à ses malheurs.

Elle se prit la zone douloureuse entre les mains, espérant que le mal passe. Depuis toute petite elle souffrait d'une santé fragile, tombant sans cesse malade. Les médecins ne lui avait diagnostiqué aucune maladie grave si ce n'est un système immunitaire extrêmement faible. Dans son cas le moindre rhume devait être sérieusement traité. Et chaque mois elle subissait une visite de contrôle accompagnée de toute une série d'examens.

 

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61  posté le vendredi 23 octobre 2009 23:19

Sa dernière remontait à plusieurs mois déjà. Elle n'était pas prudente mais elle en avait plus qu'assez de s'inquiéter pour sa santé. Plus qu'assez qu'on la considère comme une petite chose fragile. Plus qu'assez de ne jamais pouvoir faire ce qu'elle voulait. Alors elle avait décidé d'ignorer ses problèmes de santé et de vivre pour de vrai. Mieux valait une vie courte qu'une vie passée à l'hôpital. Elle esquissa un triste sourire et s'allongea sur le banc, heureusement la prostituée semblait apprécier le sol.

Elle finit par s'endormir pour se réveiller quelques heures plus tard. Elle réalisa que sa gorge la brulait légèrement et que son front était chaud. Elle jura. Elle se releva et appela une nouvelle fois le policier.

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